LA VIE À EN MOURIR
 
 


 
 
 
 
 
 
 

LA VIE À EN MOURIR
D'après des lettres de fusillés
Adaptation et mise en scène : Jean-Marc Doron
Avec : Christophe Bourdilleau, Maryse Doron, Alain Leclerc, Annaïck Nicolazic

Lumière-régie : Jean-Marc Doron - Théâtre dans la Nuit
Costumes : Maryse Doron, Annaïck Nicolazic
Administration : Michel Breton
Design graphique : Jean-Pierre Dubois
Production : MB Solutions
Relations publiques : Maryse Doron, Alain Leclerc
À propos du spectacle :

Depuis de longues années le Théâtre Dans la Nuit essaye de mener de pair,
soit dans ses créations (B.F- 15 - B.F. 15 Le Retour...)
soit dans ses adaptations (Le dernier jour d'un condamné, d’après Hugo - Frères humains..., d”après Villon...) acte culturel et réflexion sociale.

Alors pourquoi les dernières lettres de fusillés de la guerre 39-45 ?
De quel droit pouvons lire puis exploiter pour en faire un spectacle ces ultimes messages de condamnés, quand nous savons qu’ils étaient exclusivement adressés aux parents, aux époux, aux proches qu’ils aimaient?

Du droit du devoir et de la fraternité humaine.

Ces dernières lettres s’adressent à nous tous parce qu’elles disent la vie de ces hommes et de ces femmes, ce qui compte alors face à la mort, paroles d’hommes sur la vie de l’homme. Ces lettres s’adressent à nous, parce que les condamnés ont explicitement voulu que le sens de leur engagement, de leur vie et de leur mort nous soit connu.
Surmontons l’émotion et l’appréhension de toucher à ce qui contient une part de sacré. Quoique de nature particulière, ce sont aussi des documents d’histoire; à ce titre, ils relèvent du même traitement que les autres. Pour les comprendre, soixante ans après leur rédaction, il faut les replacer dans leur contexte historique.

Qu’est-ce qui conduisit les condamnés à mort devant un peloton d’exécution?
Qui les fusille?
Comment ne pas relever un certain nombre de fulgurances dans ces derniers propos sur le monde à venir?
Que nous disent les dernières lettres de ceux qui aimaient tant la vie?
Qui saura jamais la part de courage vécu et de peur conjuguée?

Adressés d’outre-tombe et d’outre fosses communes, ces propos nous saisissent. La société que les Résistants ont contribué à détruire fut celle de l’oppression, et il n’est pas besoin de grandes phrases pour dire qu’ils ont combattu pour leur liberté et celle de leurs enfants -- c’est-à-dire la nôtre. Même si notre société n’a rien de commun avec celle contre laquelle ils se sont levés, là où nous sommes, pourtant, les derniers écrits des fusillés s’adressent à nous.

Qu’avons nous fait de la société qu’ils nous ont léguée?
Qu’avons nous fait de leur idéal de solidarité?
Quelle signification avons nous donnée et donnons nous encore aujourd’hui à leur mort ?

D’après François MARCOT

Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Besançon
Conseiller historique du musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon

 
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